De
1990 à 1995, Serge ROSSI travailla au BEREX* comme informaticien. Cette
première expérience professionnelle originale lui laissa de nombreux
souvenirs Dieppois à la couleur bleu de France.
Avenue de Bréauté : Quand et comment êtes-vous entré au Berex ?
Serge ROSSI : A la fin de mes études (informatique et CAO) (NDLR : CAO
: Conception Assistée par Ordinateur), je devais réaliser un stage en entreprise. J'étais déjà à l'époque "mordu" de voitures sportives originales (je roulais à l'époque dans une vieille Matra Bagheera !). J'ai bien sûr essayé de choisir un stage dans une entreprise de ce domaine. La recherche a été vite réalisée : seul le Berex correspondait à cette définition et, coup de chance, ma demande de stage a été acceptée. Après 3 mois passionnants passés à faire du calcul de structures sur quelques petites pièces et à avoir développé quelques applications informatiques, second coup de chance : la personne qui s'occupait de l'informatique du Berex a démissionné ! J'ai proposé ma candidature et j'ai été embauché en Juillet 1990.
AB : Que faisait le Berex ?
SR : Berex signifie Bureau d'Etudes et de Recherches EXploratoires. En fait, l'activité exploratoire (étude de nouvelles solutions : direction assistée variable, suspensions pilotées, etc...) ne représentait que quelques personnes. L'activité essentielle était l'étude et la mise au point des véhicules de "forte motorisation" chez Renault, c'est à dire la GTA et l'A610 mais aussi la R25 V6 Turbo Baccara et la Clio Williams pour ne citer que les projets les plus récents qui ont abouti.
AB : Quel était votre rôle au Berex ?
SR : Je m'occupait des serveurs et stations de CAO et de Calcul mais aussi de former les dessinateurs à la CAO, de réaliser quelques développements, etc. Un peu de tout en fait.
AB : Comment s'est passée la fermeture du Berex ?
SR : C'est une affaire qui a duré assez longtemps et qui a commencé par une baisse d'activité. Le bureau d'études avait de moins en moins de sujets à traiter et il y a eu une période très creuse ou tout le monde se faisait pas mal d'inquiétudes. C'est alors qu'on nous a annoncé la fusion avec le CTV (Centre Technique de Villiers, dans les Yvelines) qui travaillait dans le domaine des... utilitaires (Express, Trafic, Master...).
A l'été 92, toute une équipe a été envoyée pour une mission de longue durée à Birmingham chez Leyland Daf pour travailler sur un projet qui allait devenir le futur Master. C'est ce qui a fait prendre conscience à tout le monde que le Berex, c'était fini. L'équipe quand elle rentrerait ne reviendrait pas à Dieppe mais à Villiers. Ensuite, mi 1993, une grande partie du Berex (moi y compris) a été mutée à Villiers. Ne restaient plus que le bureau d'études moteurs et les essais qui eux ont quitté définitivement le site lors de l'été 1995.
AB : Que sont devenus les employés ?
SR : Il a été proposé à tout le monde une place à Villiers St Frédéric. Certains ont donné leur démission. Quelques uns sont restés sur Dieppe et sont allés travailler à l'usine Alpine mais la majeure partie a été mutée à Villiers.
Quelques anciens ont créé TechnoMap (http://www.technomap.fr) à Neuville-les-Dieppe. Ils s'occupent entre autres de mise au point et de préparation des véhicules sportifs. Il va de soit que si vous cherchez quelques chevaux de plus ou une bonne mise au point pour votre Alpine, c'est une excellente adresse.
AB : Quel est votre regard sur ces 3 années passées au Berex ?
SR : Je regrette vraiment d'être arrivé si tard ! Bien que travaillant dans l'informatique, donc pas directement sur le sujet automobile, j'ai eu l'occasion de voir des tas de projets étonnants et d'entendre des tas d'histoires passionnantes (NDLR : C'est Serge ROSSI qui, lors d'une formation à un dessinateur, a modelisé en CAO la nouvelle jante AV à cinq branches de l'A610 apparue en 1993, le dessinateur formé avait lui modelisé la jante AR).
Du fait de la petite taille du Berex, tout le monde était très réactif et c'était un plaisir de travailler, chacun dans son domaine, au plus près du métier automobile et de contribuer au mieux aux projets en cours. C'était vraiment une ambiance étonnante entre d'un côté, les anciens ayant pour certains participé à l'aventure Alpine depuis les débuts et de l'autre, les "petits jeunes" passionnés et venus travailler ici parce que c'était le Berex, parce que c'était Alpine.
AB : Des anecdotes ?
SR : Difficile d'en choisir une... Le premier jour quand je suis arrivé au Berex en tant que stagiaire aux Avants Projets, on m'a fait faire le tour de l'entreprise comme c'est la coutume. A un moment, on m'a amené dans le local maquettage ou sont assemblés les premiers prototypes et on m'a montré le véhicule sur lequel j'allais réaliser quelques calculs. C'était la caisse d'un petit coupé léger à moteur central en cours de montage. Pour ma première matinée au Berex, je venais de découvrir le prototype de la W71, l'éventuelle future Berlinette moderne et j'allais travailler (un tout petit peu) dessus !!!!
AB : Cette W71 justement, jusqu'à quel stade de développement est elle allée ?
SR : Un prototype roulant a été réalisé. C'était une très impressionnante voiture qui, par sa qualité de réalisation, ne faisait pas du tout penser à un prototype mais donnait immédiatement envie d'en prendre le volant et d'aller découvrir ses possibilités.
AB : Début 2000, vous achetez votre première Alpine, une GTA V6 turbo de 1986, la concrétisation d'un rêve ?
SR : En fait, quand je travaillais au Berex, il y avait toujours des GTA et des A610 dans la cour, juste devant mon bureau mais c'étaient des voitures neuves à l'époque. C'était tellement hors de prix que je n'envisageais même pas de pouvoir en acheter une un jour. Ca n'est que début 2000 que j'ai eu envie de m'acheter une nouvelle voiture sportive intéressante (après ma vieille Matra Bagheera et une Matra Murena 2.2 L 142). C'est alors que je me suis aperçu que la GTA était devenue abordable ! Je n'ai pas hésité bien longtemps. Donc oui, on peut dire en quelque sorte que c'est la concrétisation d'un rêve, quelque chose que je pensais ne jamais pouvoir réaliser.
AB : Et que pensez-vous de cette acquisition ?
SR : C'est vraiment une fantastique voiture. Performances hors du commun, excellente fiabilité (à partir du moment ou on réalise un entretien soigneux) et coût des pièces raisonnable. On peut rouler tous les jours avec une GTA et tous les jours, on conduit un engin qui est à la fois exigeant, passionnant et qui porte un nom "historique" qui signifie beaucoup pour moi.
Vous pourrez trouver de nombreuses informations sur la page perso de Serge ROSSI avec notamment une belle page sur Alpine, le Berex et la GTA de Serge.
> http://serge.rossi.free.fr
* Berex : Bureau d'Etudes
et de Recherches EXploratoires
Crédits photographiques : © Etienne LHOSTE / Avenue de
Bréauté. Tous droits réservés.
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