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Grâce à Jean-Pierre LÉCORCHÉ, j'ai eu l'immense privilège -et l'immense joie- de faire quelques tours à bord de sa GTA Europa Cup sur l'anneau de Linas-Monthléry. Cette GTA appartenu à Joël GOUHIER pendant les trois années de l'Europa Cup, l'actuel propriétaire en a fait l'acquisition en 1996. La surprise fut de voir que cette Alpine est conservée dans son état d'origine, l'aile avant droite a même gardé les traces de l'éclatement d'un pneu, il y a plus de dix ans! Autant vous dire que Jean-Pierre connaît la valeur du "joujou" qu'il a entre les mains. Toutes les publicités sont d'origine, seules quelques petites craquelures sur les logos témoignent de l'âge de la voiture, car le tout demeure dans un état exceptionnel. Un peu d'histoire Beaucoup de constructeurs automobile proposent à des particuliers -pour la plupart- de piloter sur circuit mais aussi sur route ou sur terre, des modèles généralement issus de la série et plus ou moins améliorés. Si lors des courses la bagarre est totale, les finalités ne sont pas les mêmes pour toutes les formules. Si Peugeot propose au vainqueur une place sur la 206 WRC, Renault quant à lui, se contente de mettre à la disposition -moyennant une certaine somme- d'émérites pilotes, des voitures de série, naturellement modifiées, mais le seul but est de gagner en se faisant plaisir, pas de place de pilote F1 à pourvoir même pour les meilleurs. En 1985, Alpine présente un tout nouveau modèle, la GTA. La Renault 5 Turbo arrivant en fin de carrière, Renault décide d'engager la GTA dans l'Europa CUP. L'Alpine ouvrira les grands prix de Formule 1 pendant trois ans, de 1986 à 1988. En 1989, elle laissera sa place à la Renault 21 Turbo, mais ceci est une autre histoire. Livrée clés en mains L'Alpine GTA Europa Cup est donc un dérivé de la GTA de série en version V6 turbo. Alpine fournissait un modèle largement modifié. Les améliorations portaient essentiellement sur le châssis. Ainsi, les supports de suspensions et les moyeux sont renforcés, une barre anti-rapprochement est installée à l'avant, l'habitacle reçoit un arceau cage de dix points dont le but est de protéger le pilote en cas de retournement mais aussi de rigidifier la voiture. Les freins sont légèrement surdimensionnés. La voiture est abaissée de quelques centimètres tandis que les suspensions réglables sont spécifiques. Le réservoir en plastique de la série est remplacé par un réservoir souple d'une contenance inférieure -50 litres au lieu de 72. Le moteur reçoit un échappement spécifique à une seule sortie. Pour gagner du poids, la voiture est débarrassée de toute fioriture inutile, l'habitacle est entièrement dépouillé, il ne reste plus que le tableau de bord. Les vitres de custode sont remplacées par des panneaux en fibre de verre et la lunette en verre devient en plexiglas. Le refroidissement est amélioré par la pose d'un radiateur d'eau largement agrandi par rapport au modèle de série. Un radiateur d'huile est également ajouté. Le tout atteint à peine une tonne. Un moteur proche de la série La préparation du moteur restait à la charge des pilotes. Les transformations admises étaient très restreintes, seuls le turbo et le calculateur électronique d'injection pouvaient être modifiés. Ainsi, les puissances atteintes n'étaient pas colossales, environ 270 ch. pour les meilleurs voitures, légèreté, maniabilité et tenue de route faisaient le reste. Les vitesses de pointe se situaient aux alentours de 280-290 km/h sur les circuits rapides, ce qui dans l'absolu ne constitue qu'un gain de 30-40 km/h par rapport au modèle de série disposant de 70 ch. moins et 200 kg plus lourd. Une voiture transfigurée En réalité, pour avoir tourné à Montlhéry comme passager, la GTA Europa Cup et le modèle de série sont très différents. La principale différence du modèle de compétition concerne la tenue de route -améliorée il est vrai par des slicks Michelin. Les limites d'adhérence sont grandement repoussées, la vitesse de passage en courbe est tout bonnement impressionnante, mieux vaut avoir son harnais bien serré. La deuxième amélioration concerne les freins, là encore, leur puissance est fantastique, on peut retarder au maximum le freinage, sans toutefois pousser trop loin car sinon les roues, pourtant chaussées en slicks, se bloquent. Le troisième point concerne les accélérations, la puissance arrive beaucoup plus vite et beaucoup plus fortement, le V6 turbo vous plaque aux sièges le tout dans une sonorité envoûtante. Des performances de très très haut niveau A titre comparatif, sachez qu'à Montlhéry, la voiture se rapprochant le plus de cette Alpine sans toutefois l'égaler est la Ferrari F40 pourtant plus puissante de 238 ch. Quant aux Porsche, même "préparées", les meilleures lui laissent tout de même 5 à 6 secondes au tour. Je tiens à saluer au passage l'extrême fair-play des "porschistes" reconnaissant presque unanimement les qualités de l'Alpine. On entendait par-ci par-là des "T'as pas vu l'Alpine comme elle marche bien!" ou "Dites-donc, y'a quoi dans votre Alpine? Quoi? Juste 240 ch.!" il est vrai que la qualité du pilotage de Jean-Pierre fait aussi la différence. L'avis du propriétaire : -Comment avez-vous eu l'envie d'acheter cette Alpine? C'est un ex-collègue de travail (Jean BRIGAUD) qui m'a transmis le virus en 1992. Il est l'heureux propriétaire d'une Alpine A310 qu'il a améliorée au fil des années : 1ère préparation moteur un peu décevante, puis montage d'un pack GT, puis 2ème préparation moteur beaucoup plus performante (220CV au banc aux roues arrière) puis freins... Un deuxième collègue, Daniel CATALDI avait également été contaminé et est passé à l'acte avant moi en faisant l'acquisition d'une A310 Boulogne performante (préparée par P.Legeay) et toujours superbe. Ensuite ce fut mon tour et Daniel m'a trouvé l'auto dans les annonces du CAR IDF (dont je suis toujours membre) en septembre 96. L'auto faisait partie de la collection de J-C Redelé et était Place Clichy. Je l'ai vue la première fois avec Daniel et ensuite avec mon épouse. J'ai concrétisé avec J-C Redelé au bout de 3 semaines et j'ai remis en route l'auto avec Mr Dal Molin (DMT). Ensuite j'ai terminé dans mon garage la remise en état et la remise en conformité pour pouvoir rouler sur la route! -Est-ce votre première Alpine? Oui c'est ma première. -Quel est votre budget annuel? Environ 6000 F reparti en : -Quelle utilisation en faites-vous? Environ 8 sorties circuit par an et un peu de route. -Avis général sur cette Alpine... Une auto musclée et qui m'impressionne toujours. Il faut faire très attention sur la route car on peut se prendre au jeu même avec de grosses motos. Elle freine fort et on bloque facilement les 4 roues (les pneus de route n'ont pas le grip même de vieux slicks). -Qualités? Fiable, performante, le bruit rageur du V6 libéré! -Défauts? Exclusivement 2 places et pas de possibilités pour mettre 4 roues dans l'auto (l'arceau et surtout sa croix aux places arrière). -Votre avis sur Alpine aujourd'hui, les clubs, la politique de Renault... Dommage qu'il n'y ait pas beaucoup plus de jeunes attirés par Alpine. Je trouve que depuis quelques années , les choses évoluent dans le bon sens , il y a de l'émulation! l'ambiance club Alpine est vraiment très sympa. La politique de Renault ne prend pas en compte l'aspect Alpine. Pourtant Renault aurait les moyens de sortir un produit en ce sens et à mon sens la "reprise" étant la, le produit (un coupé 2+2, pas un speeder 2 exclusif) marcherait et il serait le moyen de renouveler notre passion. Un grand merci à Jean-Pierre LÉCORCHÉ
pour sa grande gentillesse et sa patience. [Des commentaires, cliquez ici]. |
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