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Alpine V6 turbo : des honneurs mérités

Lorsqu'elle fut présentée à la presse en 1985, la toute nouvelle Alpine, la V6 turbo était attendue au tournant. Les journalistes ne manquèrent pas de mettre en avant ses défauts avant même d'apprécier la fantastique bond en avant qui était fait par rapport à l'A310 V6. Ainsi la nouvelle venue se voyait d'entrée critiquée -rarement dans le bon sens- de maux et malheurs. Alors que le tableau de bord indignait, le design était jugé trop sage, la direction perfectible, la tenue de cap à haute vitesse hasardeuse, le temps de réponse du turbo démesurément long, la position de conduite peu agréable et même l'habitacle trop silencieux, les journalistes oubliaient qu'ils avaient en face d'eux une toute nouvelle Alpine qui était très loin de l'exotique A310 V6. Car elle en apportait des nouveautés cette V6 turbo, à commencer par le design justement, mêlant agressivité -peut-être trop peu marquée- et fluidité dans des lignes exemptes de tout décrochement brutal à l'image de l'intégration parfaite des rétroviseurs ou de l'aileron arrière. L'accroissement des cotes permit à l'intérieur de devenir plus accueillant, surtout aux places arrières, autrement plus spacieuses que sur sa devancière. La mécanique n'était pas en reste avec l'apparition de l'inédit V6 turbocompressé caractérisé par une onctuosité et un agrément formidables. Le châssis fût totalement repensé pour supporter l'accroissement de puissance du moteur, ainsi, suspensions, freins et trains roulants étaient totalement nouveaux. Au final, on avait affaire à une formidable machine à rouler, le tout à prix défiant toute concurrence. Si l'Alpine V6 turbo était loin d'être parfaite, on pense à la finition "Dieppoise" -pourtant en net progrès depuis l'A310 V6-, à l'électricité capricieuse ou effectivement à la stabilité à haute vitesse, elle n'en demeurait -et n'en demeure- pas moins une très bonne opportunité dont la réputation fut quelque peu gâchée par -entre autres, elle n'est pas la seule responsable- une presse qui n'a pas su l'apprécier à sa juste valeur à savoir un très confortable et agréable coupé de grand tourisme capable aussi bien d'avaler des kilomètres d'autoroute que d'offrir à son conducteur une amusante virevolte sur les petites routes sinueuses des Alpes -justement-. Aujourd'hui, l'Alpine V6 turbo n'est plus produite depuis 12 ans mais on peut estimer qu'il reste environ la moitié des quelques 4500 V6 turbo produites ce qui permet de trouver cette Alpine relativement aisément. La cote "mesurée" de l'Alpine V6 turbo permet à ceux qui n'ont pas les moyens de s'offrir une Berlinette ou une A610 de rouler dans une vraie Alpine pour un prix plus que raisonnable surtout au regard des prestations valant celles de modèles d'aujourd'hui -les performances en particulier-. Rendons donc à l'Alpine V6 turbo les honneurs qu'elle mérite et considérons-la comme une vraie Alpine, ce qu'elle est à part entière.

Etienne LHOSTE


26 août 2002 :
"
Alpine V6 turbo : des honneurs mérités"

09 décembre 2000 :
"Renault sport, le Motorsport de Renault."

21 avril 2000 :
"Renault, des voitures à vivre..." (Lettre ouverte au directoire de Renault S.A.).

16 février 2000 :
"Pourquoi "Avenue de Bréauté" ?".

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